SEARCHING FOR HASSAN

Dimanche 14 février à 16 h au CENTQUATRE, atelier 7

Edouard Beau est photographe, distribué par l’agence Vu’. Son premier film, Searching for Hassan, a été présenté à l’été 2009 au FID Marseille.

Film et photo sont les deux branches d’un même travail documentaire qu’il mène actuellement en Irak. Mais documentaire désigne une entreprise plus patiente que celle d’E.B., emporté par la force des choses, embarqué dans un bataillon, muni d’un appareil photo et d’une caméra Hi8 défaillante. SI le projet s’est orienté vers le film, c’est que celui-ci, malgré tout, était capable de mieux retranscrire l’expérience d’une situation inextricable.

En guise d’introduction à la séance de dimanche, nous mettons en ligne un montage de quelques photographies prises pendant le tournage et des dialogues retranscrits à partir de la bande-son du film.


nb. : 04.03.10. version digitale du montage photo-dialogues.



PROJECTION/RENCONTRE

« Novembre 2007. On me propose de partir photographier un bataillon de soldats kurdes de l’armée irakienne. À Mossoul. J’ai 48 heures pour me décider. Je pars. Là-bas, un ami me donne sa vieille caméra Hi8, avec dix cassettes. Je suis photographe. Je n’ai jamais filmé. Je n’ai jamais vu la guerre. Un mois durant, je reste au côté de ces soldats, et je filme, malgré tout, leur quotidien. Attente, temps morts, traversées sans fin de cette ville, à la recherche de terroristes introuvables. » Ainsi Edouard Beau décrit-il l’entreprise de son premier film.

Que voit-on ? Des policiers fort zélés en action, même s’ils finiront bredouilles. L’étonnante proximité des images ne nous épargne rien de leur brutalité, des coups, des aboiements, d’une ville sillonnée, de maisons ouvertes avec fracas, de fouilles terrifiantes, de la peur aussi qui règne sur tous, tout cela est présent, écho une fois encore du dernier De Palma. Mais pour un premier film, nul amateurisme pourtant, et si l’ombre du reportage et son besoin de spectaculaire pourraient menacer l’entreprise, c’est bien autre chose qui nous est proposé. Car le film se déroule sur une journée, de l’aube au crépuscule, et il construit une temporalité propre. Laquelle ? Celle de la loi qui veut absorber le chaos. En réalité, celle du chaos qui absorbe la loi.


Jean-Pierre Rehm, FID Marseille 2009, Catalogue