À part ça, la rencontre de Francis Ford Coppola avec le public de la Quinzaine des réalisateurs, ce matin après la projection de Tetro, a été pénible. Aucune question sur le film. Dommage, il y avait de quoi. Tetro est un grand film. Richissime en formes. Inventif. Tranquille. Coppola est à l’aise avec Buenos Aires, filmée comme une ville américaine des années 50. A l’aise avec son propre cinéma, convoqué au grand complet, du Parrain à L’Homme sans âge en passant par One from the heart. A l’aise, particulièrement, avec son démon par excellence.
Il y a toujours eu deux Coppola. L’un qui peine parce qu’il n’arrive pas à créer, l’autre qui souffre de ne pas pouvoir mettre de limites à son excès créatif. Martin Sheen et Marlon Brando dans Apocalypse Now, Matt Dillon et Michey Rourke dans The Rumble Fish… Les exemples ne manquent pas de couple d’hommes d’âge différent et pourtant opposés par la rivalité. Mais l’idée est belle, parce que simple, d’avoir pour une fois donné à cette rivalité le nom de la question qui hante le plus le cinéaste (et avec lui la génération du Nouvelle Hollywood), celle de l’auteur.


