EDITORIAL
Cyril Neyrat, Antoine Thirion, Eugenio Renzi
8 juillet 2009. C’était dit, nous voilà. Seconde descente dans le sud, direction Marseille. Le FID a vingt ans, la direction de Jean-Pierre Rehm huit, l’ouverture à la fiction trois. Independencia, quelques semaines. Rendez-vous certes plus ésotérique que la Croisette, mais qu’on voudrait raconter avec la même vitesse que Cannes. L’exercice est à nouveau nouveau, on l’espère profitable. Inutile de jouer les apprentis contrebandiers, nous couvrons depuis longtemps cette kermesse incontournable que pour faire court on va simplement appeler festival, et qu’un long partenariat lie aux Cahiers.
Nous débarquons sur le vieux port avec milles envies, des cases vides, nos carnets. Pour les remplir, quelques forces de plus. Et quelques ancres de moins. Libérés de la gêne qui venait du partenariat, on peut jouer franc jeu et s’attabler pour un long entretien avec Jean-Pierre Rehm. Occasion de parler de ce que cette nouvelle édition promet, et de revenir sur une programmation qui en huit ans aura introduit Pedro Costa, Raya Martin, Pierre Creton, Apichatpong Weerasethakul, Wang Bing, et l’idée que le documentaire, en tant que laboratoire de fiction, cohabite naturellement avec des fictions.
Parmi eux, parmi elles, trois guides déjà. Le premier est Material de Thomas Heise. Film-fleuve de trois heures vu au Forum de la Berlinale, et qui sera un des points forts de la Compétition Internationale (CI). Nous avions déjà eu avec lui une longue conversation, l’occasion permet de la publier enfin.
Le second est James Benning. Qui ne sera, au FID, qu’au générique d’un film splendide, Lunch Break (CI), réalisé par Sharon Lockhart. Ou encore, dont l’enseignement se fait sentir dans California Company Town de Lee-Ann Schmitt, l’une de ses élèves à l’Université de CalArts. James Benning ? Immense cinéaste américain, l’auteur d’une œuvre à prendre comme une histoire populaire des Etats-Unis, qui influença profondément Profit motive and the whispering wind de John Gianvito, révélé à Marseille il y a deux ou trois ans. Une rétrospective intégrale est prévue au Jeu de Paume, à l’occasion du Festival d’Automne, à partir de fin octobre. Notre dernière boussole est un court métrage. Le dernier film de Jean-Claude Rousseau, qu’il dit lui même petit alors qu’il est grand. Série noire, lire « série de noirs », vient peut-être du dernier plan du Diable probablement. Entre un noir et le suivant, le plaisir pervers d’une vue du ciel,
