Depuis une décennie, l'un des meilleurs festivals internationaux se tient à Lisbonne, quelques jours avant la ruée vers Cannes. Grâce à son importante fréquentation et la qualité de la sélection de ses trois directeurs Miguel Valverde, Nuno Sena et Rui Pereira, l'évènement subsiste dans l'adversité des crises financières.
IndieLisboa sait profiter de Lisbonne et du printemps. Des rétrospectives originales d'oeuvres de "héros indépendants" animent la Cinémathèque mythique de feu Joao Benard da Costa : on espère revoir bientôt en France celle de Julio Bressane et l'excellent Cleopatra. Les programmes compétitifs ou parallèles prennent place au cinéma Sao Jorge, l'une des plus belles salles européennes ; les journées se terminent tard sur les pentes de la capitale portugaise.
On ne saurait dire si le festival pousse ou est poussé par l'inventivité du jeune cinéma portugais - mais la concomitance des deux témoigne de la solidité du travail qui les génèrent et de l'effervescence enviable de la ville. Encore manifestent-ils tous deux trop de lucidité modeste. Je laisse ici les films qui ont composé le palmarès, déjà vus ailleurs – The Ballad of Genesis and Lady Jane de Marie Losier et La BM du Seigneur de Jean-Charles Hue – pour évoquer deux courts-métrages nationaux : Alvorada Vermelha de Joao Pedro Rodrigues et Joao Rui Guerra de Mata ; Liberdade de Gabriel Abrantes et Benjamin Crotty.

