intervention #5
clash
4 mars 2010. Samedi 28 février, projection au 104 d’une sélection de films issus du film collectif Outrage & Rébellion initié par Nicole Brenez et Nathalie Hubert en réaction aux violences policières subies par Joachim Gatti, cinéaste. Fils de, aussi. Il n’y était évidemment pas seul, et les autres aujourd’hui s’insurgent un peu partout, et notamment dans un texte d’un calme que n’ont apparemment pas leurs auteurs, que le film qui prétend raconter leur expérience n’ont fait que la spolier à des fins narcissiques.

Suite à des contestations d’un comité de «spectateurs non-réconciliés» (d’autres, peut-être, à force on ne savait plus), un prix libre dut être substitué au tarif pourtant bas (3/5 euros). Soit. Je tiens à remercier personnellement le monsieur qui a déposé vingt euros dans l’urne, et lui dire que cet argent sert non pas à remplir les poches d’Independencia ou du 104 mais à rémunérer le personnel nécessaire, 99% intermittent, à l’utilisation de la salle 200, la seconde plus grande du lieu.
Avant les contributions de Straub, Garrel, George, Kowalski, etc, nous avions décidé de projeter Europa 2005, un court-métrage de Jean-Marie Straub. Un méchant petit accident l’a entre temps cloué à domicile. Jean-Claude Rousseau, crédité à l’image d’Europa, vint aimablement le remplacer et introduire le film.
C’est à ce moment là que j’ai commencé à filmer avec le téléphone que j’avais sous la main.
Deux spectateurs non-réconciliés vinrent ensuite, fébriles qu’on éteigne les micros pour censurer, lire leur texte, un texte pas sans beautés, ni lourdeurs. Ok. Peut-être que le texte serait plus fort après avoir vu les films d’Outrage et rébellion, c’est-à-dire ceux qui passeront après le film que nous allons voir maintenant ? Non, plutôt maintenant ? Allez-y. 
La seconde fois que je les ai vus, c’était quarante minutes plus tard, en route vers la sortie. Classe.
Europa 2005 a été moyennement apprécié et la salle restait tendue.
Il avait été convenu que chacun des films d’O&R, pourtant de durées très courtes, seraient ensuite discutés avec le cinéaste. La moitié d’entre eux était venue (les autres avaient de très bonnes raisons de ne pas venir). Dispositif sans doute trop consensuel pour les factions radicales à cache-nez qui partaient dans tous les sens. A la fin, il reste cinq cinéastes sur scène prêt à répondre aux questions. Echange entre Eugenio et Kowalski. Du haut de la salle, un spectateur attaque. Pourquoi avoir filmé un policier ? Vous voulez être policier ? Kowalski commence à s’en défendre, c’est peine inutile, Lech est devenu un flic à matraque. Vus ses films, je me dis qu’il doit apprécier. Il apprécie, ses nerfs répondent à sa place, puis il quitte la salle. Il n’y avait plus qu’à lui emboîter le pas.



PS. Début avril, Independencia présentera Independencia, de Raya Martin. Le film sort en salles quelques jours après. S’il vous semble fasciste de recréer la jungle en studio et le cinéma des années 40 sur les écrans de 2010, pitié, ne venez pas. Tous les autres sont bienvenus.