Lenny and the Kids, sorti ce mois-ci, a l’air d’un nouveau-né, tourné en trois jours, monté aussi vite et aussitôt distribué. Le film a pourtant un an déjà, et sa jeunesse a été formée lors des voyages de festival en festival dont les plus fameuses escales datent déjà de plusieurs mois, la Quinzaine des Réalisateurs d’abord, Sundance ensuite. On s’y perdrait : tandis qu'en 2009,
Lenny passait à la Quinzaine sous un titre sonnant comme l'injonction d'un maître à son apprenti (
Go Get Some Rosemary), le précédent long-métrage de Josh,
The Pleasure of Being Robbed, sortait au cinéma après être lui-même passé à la Quinzaine - mais en 2008. Les frères Safdie sont moins jeunes qu’on voudrait le croire. Une aura de juvénilité les entoure cependant. Qu’il s’agisse de l’histoire de leur boîte de production, Red Bucket Films, constituée avec des « amis lycéens », ou de l’histoire de leur dernier film : Lenny (Ronald Bronstein) est un projectionniste divorcé qui refuse de vieillir. Quand ses deux enfants, Frey et Sage, le rejoignent pour deux semaines, il met un point d’honneur à paraître le plus jeune du trio. Il est celui chez qui l’enfance est la plus prononcée, la plus artificielle : son extase devant tout et rien est sans cesse répétée (« awesome ! », « incredible ! »), et les deux marmots qui le suivent, eux, affichent plutôt l’air blasé d’enfants qui n’ont pas à prouver leur âge.
à suivre...
KeyequipeERGoHere, KeyequipeCBGoHere
5 mai 2010